Comment protéger son entreprise contre les cyberattaques ?

Comment protéger son entreprise contre les cyberattaques ?

Date

9 septembre 2025

Par

Henri de la Motte Rouge

Date

9 septembre 2025

Par

Henri de la Motte Rouge

67 % des entreprises françaises ont été victimes d’au moins une cyberattaque en 2024, contre 53 % en 2023 (source : fevad.com). Les attaques contre les systèmes informatiques sont donc une réalité.

Piratage, ransomware, fraude au virement, vol de données, les risques sont multiples. Et les cybercriminels ne font aucune distinction entre multinationales et PME. Derrière l’aspect technique, les conséquences juridiques, financières et réputationnelles sont souvent dévastatrices. Ce type d’intrusion, véritable braquage numérique, prend en otage votre activité et vos données. Mais des solutions existent pour protéger votre entreprise contre les cyberattaques : sensibiliser vos collaborateurs, élaborer un plan de gestion de crise et prévoir une gouvernance stricte en matière de sécurité. Le Cabinet d’Avocats TLMR vous explique tout cela en détail.

Quelles sont les différentes formes de cyberattaques en 2025 ?

Des méthodes classiques toujours d’actualité

Dans notre article publié en 2023 “Comment réagir en cas de cyberattaques”, nous avions déjà fait le point sur les différentes formes que peuvent prendre ces attaques numériques. Pour mémoire, elles se répartissent en trois principales catégories :

  • les malwares qui se présentent comme des logiciels malveillants destinés à détruire, voler ou bloquer des données ;
  • l’ingénierie sociale qui consiste à manipuler des victimes pour obtenir des informations ou de l’argent ;
  • les autres formes de cyberattaques (comme l’usurpation de DNS ou les détournements de session).

Des cyberattaques de plus en plus sophistiquées

Les évolutions technologiques, notamment l’essor de l’intelligence artificielle (IA), ont profondément modifié le paysage de la cybercriminalité. Les pirates informatiques disposent désormais d’outils bien plus efficaces qui rendent les attaques autrement plus difficiles à détecter.

Le phishing, par exemple, reste la menace la plus répandue. Il a même évolué en phishing 2.0, alimenté par l’IA. Les courriels frauduleux sont désormais rédigés par des algorithmes capables d’imiter le style professionnel d’un interlocuteur connu de l’entreprise ciblée. Le phénomène du deep phishing va encore plus loin. Grâce aux deepfakes, la voix ou l’image d’un dirigeant peut être clonée lors d’un appel ou d’une visioconférence pour convaincre un salarié d’effectuer un transfert frauduleux.

Le ransomware s’est quant à lui, industrialisé sous forme de Ransomware-as-a-Service (RaaS). De véritables plateformes de cybercriminalité permettent à des hackers peu qualifiés de louer des malwares sophistiqués pour lancer des attaques de grande ampleur.

En 2025, les attaques de la chaîne d’approvisionnement se sont également multipliées. En s’introduisant chez un prestataire de confiance, les cybercriminels peuvent accéder en cascade à des dizaines d’entreprises. Selon Gartner, près de 45 % des organisations mondiales auront subi une cyberattaque par ce biais d’ici fin 2025.

D’autres méthodes ciblent désormais directement les outils de transformation numérique utilisés au sein des entreprises :

  • les modèles d’IA internes peuvent être manipulés (prompt injection) ou exploités pour extraire des données sensibles ;
  • les API, omniprésentes dans les écosystèmes connectés, constituent de nouvelles vulnérabilités lorsque leur sécurisation est négligée ;
  • les attaques par déni de service distribué (DDoS) connaissent elles aussi une nouvelle ampleur, dopées par les botnets d’objets connectés (caméras IP, routeurs domestiques, enceintes connectées, etc.). Les hackers prennent le contrôle à distance de ces appareils, souvent mal sécurisés, pour envoyer des millions de requêtes en même temps. Certaines offensives récentes ont dépassé 3 Tbit/s. Elles ont entraîné la paralysie d’infrastructures dans des entreprises issus du secteur de l’énergie, de la santé ou de la banque.

Enfin, d’autres menaces, encore plus sophistiquées, se généralisent comme :

  • l’espionnage industriel numérique mené par des groupes liés à des États ;
  • le Shadow IT qui utilise des logiciels ou du matériel non approuvé par la DSI des entreprises ;
  • les attaques zero day qui exploite des failles inconnues dans des logiciels métiers comme les ERP ou CRM.

Quels sont les risques d’une cyberattaque pour votre entreprise ?

Les conséquences d’une cyberattaque dépassent largement la dimension technique. Sans préparation, votre entreprise peut être paralysée en quelques minutes. Ses ressources sont alors détournées vers la gestion de la crise et vos clients ne sont plus servis correctement. Les pertes financières comme les atteintes à la réputation deviennent alors rapidement irréversibles.

Pour en savoir plus, regardez l’interview de Henri de La Motte Rouge, cofondateur du cabinet TLMR Avocats, réalisée par le Coq Informatique.

Le risque financier : paralysie et pertes massives

Une cyberattaque peut bloquer totalement l’activité de votre entreprise. Vos serveurs deviennent inaccessibles. Vos données sont chiffrées par un ransomware. Vos commandes sont suspendues. Tout cela entraîne des dégâts financiers majeurs.

Le cas de Saint-Gobain est éloquent. En 2017, le groupe, victime du virus NotPetya, a perdu environ 250 millions d’euros à la suite de l’arrêt de sa production et de son système de facturation.

Le risque réputationnel : perte de confiance durable

Une cyberattaque fragilise immédiatement l’image de marque de votre entreprise.

Les clients doutent alors de la sécurité de leurs données. Quant à vos partenaires (comme les investisseurs), ils peuvent hésiter à poursuivre leur collaboration.

Le risque juridique : RGPD et responsabilité civile

Au-delà de l’impact économique, la menace juridique est encore trop souvent sous-estimée.

Le RGPD impose aux entreprises de garantir la sécurité des données personnelles. En cas de fuite des données, elles doivent apporter la preuve qu’elles ont bien mis en œuvre des mesures suffisantes. À défaut, elles encourent jusqu’à 20 millions d’euros d’amende ou 4 % de leur chiffre d’affaires mondial.

En 2023, l’enseigne Dedalus Biologie a été sanctionnée de 1,5 M€ par la CNIL après la fuite des données de 500 000 patients.

Enfin, n’oubliez pas que votre responsabilité civile et contractuelle peut aussi être engagée. Une entreprise victime d’un piratage peut, par exemple, être poursuivie par ses clients si ces derniers considèrent qu’elle n’a pas correctement sécurisé son système informatique ou qu’une faute a été commise. Les escroqueries aux faux RIB en sont l’illustration. Si vos collaborateurs n’ont pas repéré des signaux d’alerte pourtant évidents, vous pouvez être tenu (en partie) pour responsable.

Quelles sont les solutions pour protéger son entreprise contre une cyberattaque ?

Se protéger contre une cyberattaque ne repose pas sur un seul outil, mais sur une stratégie complète. Trois leviers doivent être activés.

Pour en savoir plus, téléchargez notre guide juridique et opérationnel pour anticiper, agir et se protéger contre les cyberattaques.

Sensibiliser les collaborateurs aux risques de cyberattaque

Près de 80 % des attaques exploitent une erreur humaine. Un clic sur un email frauduleux, l’ouverture d’une pièce jointe infectée ou un virement validé sur un faux RIB suffisent à compromettre toute une organisation. Vous devez donc former vos équipes. Chaque salarié doit être capable de reconnaître un email suspect, de vérifier un IBAN douteux ou de détecter un phishing. L’exemple d’une PME ayant perdu 100 000 € pour un virement sur un faux compte bancaire illustre bien l’importance de cette sensibilisation.

Préparer l’entreprise à la gestion de crise

Un plan de continuité d’activité et un plan de gestion de crise doivent être établis et régulièrement testés. Il doit notamment répondre aux questions suivantes :

  • Qui contacter en priorité en cas de cyberattaque (avocat, experts, banque, etc.) ?
  • Faut-il débrancher les postes infectés ?
  • Comment conserver les preuves numériques ?
  • Quelles obligations déclaratives vis-à-vis de la CNIL (72 h en cas de fuite de données) ou de l’ANSSI pour les opérateurs essentiels ?

Sans réponse claire, les pertes financières et juridiques ne feront que s’aggraver. Il est donc primordial d’anticiper et de se protéger contre les cyberattaques.

Mettre en place une gouvernance de sécurité robuste

Une PSSI (Politique de Sécurité des Systèmes d’Information) constitue le socle. Elle doit définir la gestion stricte des accès, les sauvegardes isolées et testées, la mise à jour régulière des logiciels et l’utilisation de solutions de cybersécurité (antivirus, pare-feu, anti-ransomware).

La CNIL recommande notamment de restreindre les programmes autorisés, de limiter les droits d’écriture sur les serveurs et de surveiller toute altération massive des fichiers. Ces mesures doivent être intégrées aux contrats de sous-traitance, avec une vérification de conformité au RGPD et à la directive NIS 2.

Enfin, une assurance cybersécurité peut apporter une protection financière. Mais attention, ces contrats imposent certaines obligations (notamment en matière de délai de déclaration ou de conservation des preuves). À défaut, l’indemnisation peut être refusée.

Face à la cybercriminalité, aucune entreprise n’est épargnée. Les attaques sont plus fréquentes, plus sophistiquées mais aussi plus coûteuses. Pour s’en protéger, vous devez mettre en place un plan de prévention et vous faire accompagner par des experts techniques et juridiques. Le Cabinet TLMR dispose d’une expertise reconnue en droit du numérique et en cybersécurité. Nous aidons les entreprises à anticiper les menaces, à bâtir des procédures claires et à réagir efficacement en cas d’attaque.

Prévenir vaut mieux que guérir. Alors, préparez-vous dès maintenant. Faites appel à TLMR Avocats pour protéger votre entreprise contre les cyberattaques.

Les questions fréquentes pour bien se protéger contre les cyberattaques

Quelles sont les cyberattaques les plus courantes en 2025 ?

Les attaques par phishing restent les plus répandues. Elles consistent à usurper l’identité d’un tiers de confiance pour obtenir des informations confidentielles ou inciter à un paiement frauduleux. Elles sont désormais dopées par l’intelligence artificielle qui les rend plus difficilement détectables. Les ransomwares, qui bloquent les systèmes informatiques contre une rançon et les attaques par déni de service (DDoS) figurent également parmi les menaces les plus répandues en 2025.

Combien coûte une cyberattaque pour une entreprise ?

Le coût dépend de l’ampleur de l’attaque, mais il peut atteindre plusieurs millions d’euros selon les circonstances et l’entreprise concernée. Ce chiffre inclut la perte d’exploitation, la récupération des systèmes, les frais d’avocats et d’experts et parfois le paiement d’une rançon.

Quelles sont mes obligations légales en cas de cyberattaque ?

En cas de violation de données personnelles, vous devez notifier la CNIL dans un délai de 72 heures. Si votre entreprise est un opérateur essentiel, vous devez aussi informer l’ANSSI. Dans certains cas, vos clients et partenaires doivent être prévenus si leurs données sensibles ont été compromises. Enfin, votre contrat d’assurance cybersécurité impose généralement un dépôt de plainte et une déclaration immédiate.

Comment limiter les risques de piratage informatique ?

La meilleure arme est la sensibilisation. Former vos équipes à reconnaître les tentatives de phishing, vérifier les coordonnées bancaires, éviter les erreurs liées aux pièces jointes ou aux faux sites web réduit considérablement les risques. Environ 80 % des cyberattaques exploitent une erreur humaine. Investir dans la formation réduit mécaniquement votre surface d’attaque.

Pourquoi faire appel à un avocat spécialisé pour se protéger contre les cyberattaques ?

Un avocat intervient si vous êtes victime d’une attaque. Mais il vous aide aussi à anticiper vos obligations juridiques (RGPD, NIS 2), à sécuriser vos contrats de sous-traitance et à mettre en place une politique de sécurité conforme. C’est donc un partenaire indispensable pour protéger efficacement votre entreprise contre les cyberattaques.

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